Établissements publics et privés en France : qui sont les plus touchés par les agressions ?
Un mois et demi après la tragédie de Lorène, une élève poignardée par un camarade en pleine classe à Nantes, une nouvelle agression mortelle a secoué le milieu scolaire. Le mardi 11 juin 2025, une surveillante de 34 ans a été tuée à Nogent, poignardée par un collégien. Ce drame relance le débat sur la sécurité dans les établissements scolaires, en particulier sur la distinction entre écoles publiques et privées en matière de violence.
Depuis 2019, les actes de violence en milieu scolaire sont en constante augmentation en France. Élèves, personnels éducatifs et agents non enseignants en sont les principales victimes. D’après une étude du dispositif SIVIS, l’année scolaire 2023-2024 a enregistré un taux d’incidents graves quatre fois plus élevé dans les établissements publics que dans les établissements privés sous contrat.
Les agressions les plus fréquentes sont verbales et physiques. Toujours selon cette étude, les agressions physiques, incluant les atteintes directes aux personnes, représentent 87 % dans les écoles publiques, contre 80 % dans les collèges et lycées privés. Les violences verbales, quant à elles, atteignent 45 % dans les écoles publiques et 46 % dans les établissements secondaires (publics et privés confondus).

Témoignage : Monsieur William, père de deux collégiens, a fait le choix de l’enseignement privé pour ses enfants.
“Permettre à ses enfants de fréquenter une école privée, c’est leur offrir plus de sécurité. Bien que les agressions y existent aussi, elles sont moins fréquentes qu’au public. La surveillance y est renforcée, et le suivi des élèves est plus rigoureux.”
Pourquoi cette recrudescence ?
La montée des violences scolaires s’explique par plusieurs facteurs selon des enquêtes menées par le (NCES), et l'OMS: Reflet des tensions sociétales, Dégradation des conditions de vie et de la santé mentale des jeunes, Influence des réseaux sociaux et de la culture numérique violente, Manque de moyens humains et financiers dans l’Éducation nationale,Hétérogénéité croissante des publics scolaires, notamment dans les zones sensibles.
Et ailleurs dans le monde ?
La France, bien que confrontée à une hausse alarmante des violences scolaires, reste mieux classée que certains pays voisins.
Aux États-Unis, les écoles publiques signalent des taux d’agressions bien supérieurs à ceux des écoles privées. Selon le National Center for Education Statistics (NCES), durant l’année 2021-2022, 67 % des actes de violence ont eu lieu dans les écoles publiques, contre moins de 30 % dans les établissements privés.
Les fusillades scolaires, bien que rares statistiquement, constituent la forme d’agression la plus médiatisée. Entre 2000 et 2022, 1 375 fusillades ont été recensées dans les écoles américaines, dont la grande majorité dans le secteur public.
En Europe, des pays comme la Hongrie, la Roumanie ou la Moldavie affichent des niveaux de violence scolaire bien plus inquiétants que la France. Selon le Journal of Adolescent Health, la France reste toutefois plus sécurisée que l’Allemagne, qui enregistre des taux de violence supérieurs de 2 %.

Quelles solutions pour freiner le fléau ?
Face à cette situation, l’État français intensifie ses efforts pour rétablir un climat éducatif sûr. À l’image des États-Unis, la France envisage : L’interdiction de la vente d’armes blanches aux mineurs; L’installation de portiques de détection de métaux dans certains établissements; La création de cellules d’écoute psychologique pour les élèves en souffrance, comme annoncé par la ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne.
Cependant, la question demeure : ces mesures suffiront-elles à enrayer le phénomène ?
La violence en milieu scolaire en France, bien qu’inquiétante, reste moins aiguë que dans certains pays. Elle touche cependant davantage les établissements publics que les privés.



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